Par l'équipe Omote · Mis à jour le 3 août 2026
Les chenilles du chou s'attaquent en silence à vos brassicas : quelques jours suffisent pour transformer un chou pommé en dentelle. Le Bacillus thuringiensis (Bt) reste la solution naturelle la plus ciblée contre ces larves, à condition de doser selon l'ampleur de l'infestation et l'espèce en cause. Utilisez le calculateur ci-dessous pour obtenir la quantité exacte selon vos pieds de chou, puis adaptez le traitement à l'espèce qui pose problème dans votre potager.
Deux espèces, deux comportements à reconnaître
La piéride du chou (Pieris brassicae) est la plus fréquente. La femelle pond ses oeufs en amas jaunes denses sous les feuilles, notamment sur chou cabus, chou-fleur et brocoli. Les larves, vert-jaune rayées de points noirs, atteignent 4 à 5 cm et dévorent les feuilles depuis le bord vers la nervure centrale. On les repère facilement à l'oeil nu, souvent groupées à la face inférieure, entre mai et octobre. Leurs déjections brunes trahissent leur présence avant même qu'on distingue les chenilles.
La teigne du chou (Plutella xylostella) est plus discrète : ses larves mesurent à peine 1 cm, vert pâle, et grattent l'épiderme sans percer la feuille au départ. Les dégâts ressemblent à de petites fenêtres translucides, souvent confondues avec des traces de limaces. La teigne développe facilement des résistances aux insecticides de synthèse, et c'est aussi l'un des premiers insectes au monde documentés pour avoir développé des résistances au Bt kurstaki (Btk) lui-même : des souches résistantes ont été signalées dès les années 1990 dans les zones de culture intensive. La sélection s'accélère en cas d'applications répétées sans rotation de méthodes.
Un comptage rapide en début de semaine suffit à calibrer la réponse. Comme pour la mouche de la carotte, dont le risque suit un calendrier de pontes précis selon le mois, mieux vaut identifier tôt le pic d'activité plutôt que de traiter au hasard toute la saison. Positionner les traitements avant la récolte reste la meilleure garantie de choux sains, en respectant le délai avant récolte (DAR) indiqué sur l'emballage du produit utilisé.

Calculez votre dose de Bt pour traiter les chenilles du chou
La quantité de bouillie à préparer dépend du nombre de pieds à couvrir et du niveau d'infestation observé. Renseignez les deux informations ci-dessous pour obtenir le volume et la dose de poudre à diluer, mis à jour instantanément.
Vérifiez toujours l'étiquette de votre produit : les concentrations commerciales varient d'une marque à l'autre. En France, les formulations à base de Bt kurstaki homologuées pour le potager amateur incluent Dipel, Biobit et Delfin. Le Turex, souvent rangé à tort dans cette même famille, contient en réalité du Bacillus thuringiensis var. aizawai, une souche distincte. C'est justement cette différence qui en fait un allié précieux face à la teigne du chou : les populations devenues résistantes au Btk restent généralement sensibles à l'aizawai, ce qui permet d'alterner les deux souches pour casser le cycle de sélection plutôt que de répéter le même traitement.
Traitements naturels complémentaires au Bt
Le Bt cible spécifiquement les larves de lépidoptères en cours d'ingestion : il n'agit pas sur les oeufs ni sur les adultes. Compléter son action réduit la pression globale et limite le nombre de passages nécessaires. Un purin d'ortie fermenté pulvérisé en prévention renforce la vigueur du feuillage et le rend moins attractif pour la ponte, tandis qu'un purin de consoude riche en potasse soutient la reprise des plants après une attaque marquée.
Le pyrèthre naturel, extrait de fleurs de chrysanthème, offre une action de contact rapide sur les larves déjà présentes, utile en curatif d'urgence avant une récolte proche, mais il touche aussi les auxiliaires : réserve-le aux foyers importants et évite de pulvériser en pleine floraison des plantes voisines pour préserver les pollinisateurs. En complément, un purin de prêle renforce la résistance mécanique du feuillage face aux infections fongiques qui profitent souvent des blessures laissées par les chenilles, sans interférer avec l'action du Bt.
Les auxiliaires naturels jouent aussi leur rôle : guêpes parasitoïdes (Cotesia glomerata en particulier), syrphes et mésanges régulent les populations sur la durée. Éviter les traitements à large spectre en dehors des pics d'infestation préserve ces alliés gratuits.
Prévenir les chenilles du chou sur la durée
Le filet anti-insectes à maille fine posé dès la plantation reste la protection la plus fiable contre la ponte des piérides, à condition d'ancrer soigneusement les bords au sol. Les associations de plantes comme la tomate, le céleri ou l'aneth intercalés entre les rangs de choux brouillent le repérage olfactif des papillons pondeurs et réduisent la pression sans intervention supplémentaire.
La rotation des cultures sur au moins deux à trois ans coupe le cycle des chrysalides hivernantes qui pourraient sinon retrouver leurs plantes hôtes la saison suivante. Planifier vos plantations avec le calendrier de récolte permet aussi de viser une maturité en dehors des pics de ponte les plus intenses, généralement entre juin et septembre selon les régions.
Comme pour les limaces au potager, dont la pression varie fortement selon l'humidité et la saison, un contrôle visuel hebdomadaire du dessous des feuilles reste le meilleur indicateur pour intervenir tôt, avant que l'infestation ne dépasse le niveau modéré. Cinq minutes de surveillance régulière évitent la plupart des traitements d'urgence en fin de saison.


