Tomate allongée sur le plant avec une tache noire enfoncée au bas du fruit, signe de nécrose apicale
Maladies et nuisibles

Le cul noir de la tomate, ce qu'il faut vraiment faire

Réponse rapide

Le cul noir de la tomate est un trouble physiologique, pas une maladie ni un champignon. Il vient presque toujours d'un arrosage irrégulier qui bloque le transport du calcium vers le fruit. La vraie solution : arroser de façon stable et régulière, pas verser du calcium à l'aveugle.

Autre nom

Nécrose apicale

Nature

Trouble physiologique, pas une maladie

Cause n°1

Arrosage irrégulier

Les fruits

Comestibles, on coupe la partie noire

O L'équipe Omote · Mis à jour le 24 mai 2026 · 5 min de lecture
Sommaire

Beaucoup de jardiniers paniquent en voyant une tache sombre au bas de leurs tomates : ils croient à une maladie qui se propage. Bonne nouvelle, le cul noir de la tomate, aussi appelé nécrose apicale, n'est ni une maladie, ni un champignon, ni contagieux. C'est un trouble physiologique de la plante. Une tomate touchée reste parfaitement comestible : il suffit de couper la partie abîmée. Reste à comprendre pourquoi le fruit se creuse ainsi, pour que cela cesse.

01 Reconnaître le cul noir sans le confondre

Le cul noir se reconnaît à un endroit précis : le bas du fruit, à l'opposé de la tige, là où se trouvait la fleur. Tout commence par une petite zone d'aspect humide, comme gorgée d'eau. En quelques jours, elle brunit, noircit, s'enfonce et durcit en une plaque sèche et coriace, un peu comme du cuir. Au début, ce n'est pas une pourriture molle qui suinte : c'est sec. C'est ce détail qui le distingue d'une vraie maladie.

Cette localisation au bas du fruit est la clé. Une vraie maladie comme les taches brunes du mildiou touche d'abord le feuillage et les tiges, par taches huileuses, et se propage de plant en plant. Le cul noir, lui, reste cantonné à certains fruits, sans toucher les feuilles, et ne contamine pas ses voisins. Avant de sortir le moindre traitement, prenez le temps d'observer : l'endroit atteint vous dit déjà tout.

02Cul noir ou vraie maladie : comment trancher

Localisation

Cul noir (nécrose apicale)
Uniquement le bas du fruit
Maladie (mildiou, pourriture)
Feuilles, tiges, fruit entier

Aspect

Cul noir (nécrose apicale)
Tache sèche, enfoncée, cuir
Maladie (mildiou, pourriture)
Taches brunes huileuses, parfois duvet

Contagion

Cul noir (nécrose apicale)
Non, jamais
Maladie (mildiou, pourriture)
Oui, de plant en plant

Cause

Cul noir (nécrose apicale)
Eau et transport du calcium
Maladie (mildiou, pourriture)
Champignon

Si la tache part du bas du fruit et reste sèche au début, c'est un cul noir, pas une maladie : inutile de traiter, il faut corriger l'arrosage.

03 La vraie cause : l'eau avant le calcium

On lit partout qu'il faudrait verser du calcium. C'est une fausse piste dans la plupart des cas. Le sol contient presque toujours assez de calcium. Le problème, c'est que la plante n'arrive pas à l'acheminer jusqu'au bout du fruit. Or ce transport se fait avec l'eau. Dès que l'arrosage devient irrégulier, en dents de scie, la circulation se coupe, le calcium n'atteint plus la pointe du fruit, et le bas s'effondre. Le cul noir est d'abord un souci d'eau.

Le levier qui change tout est donc la régularité de l'arrosage. Mieux vaut régler son arrosage sur la météo et apporter l'eau de façon constante, plutôt que d'alterner sécheresse et grosses doses. Deux excès aggravent encore le tableau : trop d'azote, qui pousse une croissance molle et rapide que le calcium ne suit pas, et un excès de potassium ou de magnésium, qui gêne l'absorption du calcium. L'équilibre prime sur l'ajout.

Une exception existe : dans un sol franchement acide ou vraiment pauvre, une carence réelle en calcium peut s'ajouter au manque d'eau. Si le cul noir persiste malgré un arrosage devenu régulier, un test du sol vaut la peine. Connaître le pH et la nature de sa terre aide alors à corriger le terrain de fond. Cela reste toutefois second : l'eau régulière passe toujours avant.

04Le diagnostic en 3 temps

  1. 1

    Confirmer que c'est bien le cul noir

    Vérifiez que la tache part du bas du fruit, à l'opposé de la tige, et qu'elle est sèche et coriace au toucher. Le feuillage doit rester sain. Si oui, c'est bien un trouble physiologique, pas une maladie.

  2. 2

    Trouver la cause

    Posez-vous les bonnes questions : l'arrosage est-il en dents de scie ? Le pot sèche-t-il trop vite entre deux apports ? Avez-vous forcé sur l'azote ? Cultivez-vous une variété allongée comme la Roma ou la San Marzano, plus sensible ? La réponse pointe presque toujours vers l'eau.

  3. 3

    Corriger en commençant par l'eau

    Stabilisez d'abord l'arrosage, c'est la priorité absolue. Les autres réglages (azote, paillage, taille du pot) viennent ensuite. Sans eau régulière, rien d'autre ne tiendra dans la durée.

05 Corriger durablement

La marche à suivre est simple et tient en quelques gestes. Arrosez au pied, en profondeur, à un rythme régulier, sans laisser le sol passer du sec au détrempé. Installez ensuite un paillage : garder le sol frais par le paillage lisse l'humidité et évite les à-coups qui déclenchent le cul noir. Côté engrais, restez mesuré sur l'azote.

Sur la fertilisation, l'idée n'est pas de supprimer mais d'équilibrer. Apprendre à doser l'azote sans excès évite les poussées de croissance que la plante ne sait pas nourrir en calcium. Retirez enfin les premiers fruits les plus touchés : la plante cesse de gaspiller son énergie sur eux et la concentre sur les suivants. Un peu de patience suffit alors, car les grappes d'après repartent saines une fois l'eau stabilisée.

06 Le cas des tomates en pot

Les tomates cultivées en pot ou en bac sont les plus exposées au cul noir. Le substrat sèche bien plus vite qu'une pleine terre, surtout en plein soleil et par forte chaleur. L'arrosage devient alors irrégulier malgré soi, et le transport du calcium se coupe. Pour réussir ses tomates en pot, choisissez un grand contenant, arrosez parfois chaque jour quand il fait chaud, et paillez la surface même en pot pour ralentir l'évaporation.

L'erreur du calcium à l'aveugle

Coquilles d'oeuf broyées, chaux ou pulvérisation de lait : ces remèdes circulent partout, mais leur effet est lent, limité ou mal prouvé. La coquille d'oeuf, par exemple, se décompose trop lentement pour agir sur les fruits en cours. Surtout, si l'arrosage reste irrégulier, le cul noir revient malgré tout le calcium ajouté. On corrige l'eau d'abord, le reste ensuite.

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FAQ

Questions fréquentes

Le cul noir est-il contagieux ?
Non, jamais. Ce n'est pas une maladie ni un champignon, mais un trouble physiologique lié à l'arrosage. Un plant touché ne contamine ni ses fruits sains, ni les plants voisins. Inutile donc d'arracher ou d'isoler quoi que ce soit.
Peut-on manger une tomate atteinte de cul noir ?
Oui, sans souci. Il suffit de couper la partie noire et coriace au bas du fruit, le reste se consomme normalement. La nécrose apicale n'a rien de toxique : elle abîme seulement l'aspect d'une zone du fruit.
Les coquilles d'oeuf ou le lait soignent-ils le cul noir ?
Pas vraiment. La coquille d'oeuf se décompose trop lentement pour agir à temps, et la pulvérisation de lait a un effet limité et mal démontré. Tant que l'arrosage reste irrégulier, le cul noir revient. La vraie solution est de stabiliser l'eau.
Pourquoi mes tomates en pot ont-elles plus souvent le cul noir ?
Parce qu'un pot sèche beaucoup plus vite qu'une pleine terre, surtout par forte chaleur. L'arrosage devient irrégulier malgré soi et le calcium n'atteint plus le bas du fruit. Un grand contenant, un arrosage parfois quotidien et un paillage en surface réduisent fortement le risque.